Le premier gros road trip de la saison des monégasques débutait par une chaude rencontre en Grèce, au Promithéas Patras. Pendant de Monaco de ce côté de la méditerranée, le Promithéas est une jeune équipe qui a rapidement grimpé les échelons, et qui grâce à un coaching de qualité et des recrues intelligentes joue les gros outsiders dans chacune des compétitions qu’elle va disputer. Du coup, la victoire monégasque, même si elle soulève pas mal de questions sur la forme, est une très belle opération sur le fond.

Le live-tweet de la rencontre

https://twitter.com/GachetteBasket/status/1181971509952335872?s=20

Le résumé du match

Défense et concentration étaient les maitres mots de l’ensemble des représentants de la Roca Team pour ce match, les meilleures armes pour contrecarrer la grande adaptabilité de l’adversaire. Et ces consignes vont être appliquées à la lettre par les joueurs monégasques en ce début de rencontre. Contestant toutes les lignes de passes, au contact permanent de l’adversaire, les joueurs de Sasa Obradovic vont couper le rythme d’attaque des Grecs, les faisant totalement dévisser. Bilan, après un quart temps, leur adresse est des plus vilaines : 1/11 à trois points. En attaque, la consigne de les agresser dans la peinture est là aussi bien passée : Dylan Ennis (19 points, 4 rebonds, 17 d’évaluation) se montre à son avantage à ce petit jeu là, bien aidé par un Éric Buckner (16 points, 8/8 aux tirs) puissant et incisif. La Roca Team vire logiquement en tête à la fin du QT1 (14-22).

Le second QT sera du même tonneau. Les Monégasques vont réciter une partition défensive quasi parfaite, l’adresse adverse atteint des sommets de moyenitude, et on se dit que l’adversaire grec tant redouté n’était en fait qu’un fétu de paille. Maitre Sasa prend même le luxe de lancer pour une poignée de minutes sa nouvelle bête Croate, Ivan Buva (4 min, 2 points, 5 rebonds) qui fait sacrément le ménage dans la peinture. Et pourtant, la Roca Team bafouille quand même pas mal en attaque, les shoots manqués succèdent aux possessions foireuses, et autres balles perdues bêtement, et l’écart ne gonfle pas tant que ça. Pire, à la faveur d’un run et d’un dernier shoot Avé Maria au buzzer, les Grecs sont encore dans le match, pointant tout juste à 10 longueurs (32-42).

Après un début fortement retardé suite à un bug de la table de marque, les mangeurs de féta repartent sur les mêmes bases, tandis que les joueurs monégasques font de même. Une partie d’accordéon s’engage, chose pas forcément sympathique pour les nerfs des supporteurs monégasques. Les Grecs vont revenir, puis les Monégasques vont reprendre un peu d’avance, notamment en s’appuyant sur le jeu intérieur. Puis les Grecs vont revenir, puis l’ASM reprend le large… Bref, c’est tendu. (51-59)

Les Américains adverses se réveillaient dans le money time, juste au moment où Buckner devait sortir pour une douleur de genou suite à une énième glissade. L’ambiance devenait suffocante. Le jeu offensif monégasque devenait une caricature de ce qui se fait de pire en NBA, de l’isolation tant que possible, et chaque possession foirée des monégasques était sanctionnée de l’autre coté. Heureusement, Anthony Clemmons n’est pas un manchot à ce petit jeu, et réussissait là où son comparse Dee Bost s’est méchamment troué : il score 5 points d’affilé qui repousse une nouvelle fois les Grecs, avant d’intercepter un ballon chaud, et de clôturer la marque aux lancers francs, non sans une dernière frayeur suite à un pourcentage (3/6) suspect. Monaco s’impose avec 3 points d’avance, et c’est bien là l’essentiel. (74-77)

Les notes, en bref…

L’homme du match : Dylan Ennis : Les deux matchs ternes de la semaine dernière semblent déjà loin. En trois minutes, il avait fait bien mieux, tant en terme statistique que dans l’attitude. Important au scoring tout au long du match, il a une capacité précieuse à savoir tirer son épingle du jeu dès lors que l’équipe ne tourne plus très rond, de par cette facilité à marquer qu’importe la position et l’endroit, adroit de loin, voire de très loin, et puissant de près.
Bref, on espère quand même que ce yoyo ne dure pas toute la saison.

Le « chimichanga alert » : Dylan Ennis : Car en plus d’être l’homme du match, il nous gratifie aussi de l’action de la rencontre. Tout un symbole du jeu monégasque en fait, avec une attaque qui se lance trop lentement, avec un Dee Bost en mode « mange ballon », puis vient un système, avec une série de blocs ne débouchant sur rien, Dee Bost, qui dribble depuis 20 secondes sans lever la tête, tente un drive suicide, pour ensuite se débarrasser de la balle sur un joueur démarqué. En l’occurrence Dylan Ennis, seul, mais fort loin du cercle. Mais cela ne gêne pas notre instagramien, qui dégaine depuis l’acropole, au buzzer, pour planter un shoot magique, avec la planche !
Bref, on n’est pas top en attaque, mais on déborde suffisamment de talent pour nous en sortir.

Le « pas top » du jour : Dee Bost : On le sait, il y a le bon et le mauvais Dee Bost. Il y a le leader, capable d’offrir le caviar et de planter des banderilles depuis le restaurant d’en face. Et il y a ce joueur obtus que l’on a vu hier soir incapable de faire tourner la gonfle, incapable d’enfiler les perles, et dont la seule production se limite à balancer les systèmes trop tard, tout en énervant coéquipiers et supporteurs.
Bref, en espérant là aussi que ce mauvais passage ne soit qu’un triste épisode…

Le chiffre à retenir : 15/13 : Pour les lecteurs assidus de nos rapports de fin de match, vous aurez remarqué que c’est quasiment les mêmes stats que contre Roanne. Sauf que contre Roanne c’était encore pire, avec 13/15, soit 13 passes décisives pour 15 balles perdues. Là, le ratio repasse en positif, avec 15 passes décisives pour 13 balles perdues, mais il ne reste quand même pas super joli à voir, et démontre, s’il est besoin, que l’attaque monégasque ne sait toujours pas prendre soin de la gonfle.
Bref, la marge de progression est énorme sur ce point là, ce qui peut faire peur à beaucoup de monde en France comme en Europe.

La citation du jour : Maitre Sasa Obradovic

« C’est une grosse victoire pour nous, car obtenue sur le parquet d’un adversaire de qualité. Notre défense a été la clé, notamment sur les shooteurs à 3-pts de Promitheas. En seconde période, nous avons été moins performants offensivement, mais la défense est restée solide. ».

La question du jour : Que faire de Landing Sané ? Dans le langage basket, un DNP c’est un triste moment où le joueur sur la feuille de match n’est pas rentré. C’est ce qui arrive fréquemment à nos jeunes, mais qui est arrivé à Landing Sané, scotché toute la rencontre sur le banc. Pourquoi ? Telle est la question, surtout quand on sait que Buva a eu droit à 5 minutes, et que Bucknera été mis en retrait un moment faute à une mauvaise chute. Ce qui en toute logique aurait dû ouvrir un tantinet plus la rotation. Mais au-delà de cette rencontre, et de ce DNP qui pourrait s’expliquer par des raisons tactiques, ou de profil (son profil d’intérieur fuyant avec la tactique « all in the paint » prôné par maitre Obradovic), mais l’arrivée de Buva pose un vrai problème pour Landing : que faire de lui ? C’est le 11e homme du roster, il s’est déjà pas mal fait tancer par le coach pour son attitude lors des matchs précédents. Que va-t-il devenir ?
Bref, on aura un début de réponse lors des prochaines rencontres.

Pour briller aux réunions de l’ambassadeur : le positionnement des shoots du jour. Ce qu’il y a de bien en Eurocup, c’est que les Lives des rencontres nous offrent tout un panel de statistiques que nous n’avons pas en Jeep Elite. Et un qui est très intéressant, c’est les positions des shoots des deux équipes, shoot réussi, raté, par quart temps, par mi-temps, en contre-attaque… Bref, c’est hyper complet, et très intéressant. Aujourd’hui, nous allons juste nous intéresser au positionnement global des joueurs lors des shoots, montrant le « spacing » des joueurs, mais aussi la façon dont la gonfle a circulé… ou pas. Premier constat : aucun shoot de réussi, ni même de tenté, au niveau des deux corners. Et ça, c’est un peu choquant, surtout à l’heure où le basket moderne est fait de ballon qui vit et de joueurs qui s’écartent, la Roca Team s’est entêté dans une sorte d’entonnoir de plus en plus prévisible au fil des minutes. Faute à qui ? À Dee Bost, qui a souvent cherché ce système à double bloc en tête de raquette. Faute à l’entraineur aussi, on l’a entendu lors des temps morts réclamer de « l’iso » (isolation). Faute enfin aux faits de jeu, et à la maladresse de Yakuba Ouattara notamment, qui n’a pas osé tirer depuis les ailes, sachant les briques qu’il avait envoyées auparavant.
Bref, ce soir, ça passe, mais l’axe de progression en attaque est assez gigantesque.

On se retrouve très vite

N’hésitez pas à partager cet article à toutes ces personnes à qui vous voulez du bien, afin de leur montrer qu’en Principauté, les équipes professionnelles aux frontières du réel ont toujours la cote (enfin sauf quand elles jouent avec et comme des pieds) !

Et si vous voulez être vraiment au top de ce qui se fait de mieux sur les réseaux sociaux, followez (c’est comme ça qu’on dit dans le jargon) notre compte Twitter, ou notre compte Instagram, seuls endroits où vous trouverez toutes les infos trépidantes sur la Roca Team, et bien plus encore !