Le retour de l’Eurocup signifie indubicontestablement l’arrivée des choses sérieuses en terres monégasques. Loin de nous l’idée de dénigrer le niveau des Chalon, Graveline ou Roanne, mais un ventremoudiste de Jeep Elite, c’est pas trop la même qualité de jeu que le demi-finaliste de la seconde meilleure coupe d’Europe. Et au petit jeu du « il faut élever notre niveau », la Roca Team a passé la seconde, récitant ses gammes offensives avec toujours le bon tempo, et restant sur la même dynamique défensive que lors du QT4 à Chalon. Bref, une victoire solide comme un Roc.

Le live-tweet de la rencontre

Le résumé du match

La rencontre débute par un coup de sifflet bizarre : une faute anti-sportive sifflée à l’encontre de Buckner, après visionnage de la vidéo. Au bout de 18 secondes de jeu, ça fait quand même long comme cirque, et on se dit qu’on est tombé sur des arbitres hyper tatillons. Ou alors pas super psychologues (mais sur ce terrain-là, nous ne nous prononcerons pas). Bref, rien de bien méchant, car les Monégasques vont rapidement prendre l’avantage au score. La gonfle circule fort bien, les tickets shoots sont partagés par tout le monde, si bien qu’au moment du gong du QT1, les hommes de la Roca Team sont logiquement devant, et pratiquement chaque joueur a enfilé son petit panier, y compris le grand revenant, Paul Lacombe (2 points, 1 rebond, 1 int, en 7 minutes) dans son style caractéristique, à la filou, en back door ligne de fond (19-13).

La suite sera encore plus de défense, et un tempo qui s’accélère sérieusement. Les Andorrans sont dépassés, et l’écart grimpe au-delà des 10 points. Mais c’est du haut niveau, et chaque relâchement monégasque est directement sanctionné derrière, non sans de quelques menues colères de maitre Sasa, qui vitupère depuis sa ligne de touche. Ces coups de sang ne sont pas bien longs, car l’adresse monégasque repousse inlassablement les autres principautaires, tout en faisant le spectacle, Yakuba Ouattara (12 points, 4 rebonds, 14 d’éval) claquant le tonnerre sur un dunk en contre attaque, puis faisant tomber la pluie d’un trois point depuis la tête de chien, après une action collective de toute beauté, faite d’une multiplication de passes et d’extra passes que n’aurait pas renié Greg Popovitch. Le jeu sur demi-terrain est fluide, personne ne tire la couverture à lui, Dee Bost (12 points, 8 assists, 3 int, 21 d’éval) drive tout cela d’une main de maitre, et la mi-temps sonne avec une belle avance (47-34).

La seconde mi-temps sera un long accordéon pas si tranquille. Les joueurs d’Andorre vont quasiment tout essayé pour faire plier la Roca Team : un bombardement massif depuis la ligne à 3 points, du vice et du flopping pour faire grimper le taux de nervosité et s’illuminer le tableau des fautes, de l’agressivité dans la peinture, mais rien n’a pu faire broncher le solide roc monégasque. En chef de file, JJ O’Brien (16 points, 6 rebonds, 20 d’évaluation, Roc Cast MVP du jour) va jouer les métronomes, écœurant et décourageant les Andorrans tant qu’il pouvait. Ils pensent faire un run, et hop, il serre la défense, gobe un rebond, et assure le scoring, dans un style très « Paulacombesque », au milieu de la meute, savant mélange d’intelligence, de technique et de filouterie. Maitre Sasa se fendra d’une dernière crise à l’encontre de Yakuba Ouattara, parti en contre bien trop tôt, alors que le rebond défensif n’était pas encore assuré. Malgré tout, l’écart n’aura de cesse de rester stable, voir même prendra une petite poussée de chaleur en fin de match, quand les joueurs de l’autre Principauté rendront les armes, vaincues par la solidité du roc monégasque. (82-66)

Les notes, en bref…

L’homme du match : JJ O’Brien : passé pas loin de ce doux titre lors de la rencontre contre les Pirates du BCM, cette fois-ci, il tient son statut de MVP. Et quoi de plus logique pour un joueur symbole de la partition récitée par les troupes de maitre Sasa. Ne surjouant jamais, toujours dans le bon tempo, proposant sans cesse la solution qui va bien pour l’équipe, il tire son épingle du jeu grâce à une technique et des fondamentaux très propres, et cette capacité à tenir la baraque en 4 dans le small ball voulu par le coach.
Bref, ce n’est surement pas la première fois qu’il va pointer le bout de son nez dans cette catégorie.

Le « chimichanga alert » : Yakuba Ouattara : On lui accorde, car c’est lui qui rentre un shoot depuis le couloir des vestiaires, mais c’est un fait tout un mouvement collectif qui fait sauter notre stagiaire de sa chaise. Les 5 joueurs ont été impliqués dans ce qui est surement le plus beau mouvement de balle du début de saison. Passe, sur passe, extra passe, coupe, pénétration, ballon qui ressort, qui gicle, et la défense adverse termine sur les genoux au moment où le Yak envoie sa praline.
Bref, on se serait cru devant un match des Spurs de la grande époque…

Le « pas top » du jour : La « perf » de Dylan Ennis : Ou tout du moins, l’absence de perf, tant il a été discret au possible. Certes, comme face à Chalon, Monaco n’a pas eu trop besoin de lui pour forcer la décision. Et peut-être qu’il a aussi été un peu ciblé par ses anciens coéquipiers. Mais quand bien même, annoncé comme top scorer, capable de finir en puissance ou de planter un shoot depuis le Beef Bar, ça fait deux matchs qu’on le sent un peu en dedans, un peu en manque de jus, ou même en manque de repère. Contre le BCM, le jeu individualiste s’est beaucoup reposé sur les fortes personnalités, dont la sienne. Mais là, avec un jeu plus fluide, c’est plus le QI basket d’O’Brien qui brille.
Bref, il nous doit une revanche.

Le chiffre à retenir : 15, comme le nombre d’interceptions réalisées dans ce match. Dont 4 rien que pour le pitbull Anthony Clemmons (et 3 à Dee Bost). Le pressing monégasque a étouffé les joueurs d’Andorre, et nos deux premières lignes de défense ne se sont pas fait prier pour tirer les marrons du feu. Bilan, une moisson de ballons gagnés, des contres attaques, des paniers faciles, et une confiance qui monte en flèche. Et si c’était aussi simple que ça le basket en fait ?
Bref, on va être définitivement très pénible à jouer pour tout le monde.

La question du jour : Qui sont les grosses équipes de la poule ? Après avoir ainsi maitrisé « tranquillement » un demi-finaliste de la dernière édition de l’Eurocup, une question se pose : sont-ils vraiment encore une grosse équipe, sachant que leurs meilleurs joueurs sont partis sous d’autres cieux, dont le ciel monégasque ? Mais surtout, qui sont les gros de notre poule d’Eurocup ? À cette question, nous allons répondre oui, et Bologne. Pour faire simple, oui Andorre est un gros prétendant à la qualification au tour suivant, et ils ont montré hier soir qu’ils étaient loin d’être des pitres. Et avec nous, l’autre grosse équipe de la poule n’est autre que Bologne, de retour sur le devant de la scène, avec Milos Téodosic en tête de gondole, soit un immense joueur au niveau mondial. Rien que ça.
Bref, on va encore avoir de gros matchs à jouer cette saison.

Pour briller aux réunions de l’ambassadeur : Le jeu de passe des Spurs, de la grande époque, que nous avons cité à plusieurs reprises au cours de cet article. Il s’agit du jeu de passe, et de la philosophie d’attaque qui a permis à l’équipe NBA de Tony Parker de gagner son dernier titre en date, avec en clé de voute de purs génies du ballon orange que sont Tony Parker, mais aussi Boris Diaw, Manu Ginobili ou Tim Duncan. Le contraire du jeu égoïste, cette philosophie peut se résumer simplement : passer le ballon à celui qui est le mieux placé pour tirer. Le reste est le béa-ba du basket : des passes, encore, et toujours, des mouvements de passes et va, de coupe à l’opposée, de pick n roll pour créer le décalage… Bref, rien de très compliqué, mais une confiance aveugle en ses partenaires, et une volonté de toujours faire prendre à l’équipe le bon shoot.
Bref, regardez la vidéo, c’est on ne peut plus clair !

Les photos de la rencontre

Notre stagiaire sur place est venu avec du gros calibre. Et il s’est bien fait plaisir !

On se retrouve très vite

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