La casa de Paupol !

S’il y a un nom qui a agité le petit peuple monégasque, enfin ceux qui savent que la Roca Team est la meilleure équipe de sport collectif professionnelle de la Principauté, et non celui d’une pâtisserie gourmande à base de chocolat roulé en boule, c’est bien celui de Paul Lacombe. Sur le terrain, dans la presse, avec la sélection française, dans les rumeurs de transferts, le natif de Vénissieux, comme l’on-dit dans les journaux spécialisés, était tellement sur tous les fronts qu’il a même finis au fin fond de la Chine, avant de revenir à la case départ. Mais alors à quoi correspond la Casa de Paupol à moins d’une semaine du retour de la Jeep Élite ? État des lieux…

Une idée qui part de loin.

Mais pour bien comprendre le fin fond de toute cette histoire, remontons un peu en arrière dans le temps. En février dernier, dans l’excellent magazine Basket le Mag, il déclarait :

J’aimerais jouer l’Euroleague. Après, aujourd’hui, j’ai envie d’étranger.

DisplayN27BasketMag-03
Crédit photo @BasketLeMag

Pour un joueur dans son prime de carrière, et qui est en fin de contrat début juillet, forcément ça se comprend. Mais comme il porte l’équipe à bout de bras depuis le mois d’octobre, du côté des supporteurs, ça a couté fort cher en passages chez le dentiste suite à un concerto en grincement de chicots. Cette « envie d’étranger » il va ensuite la répéter dans à peu près tous les interviews qu’il donnera, que ce soit pour des journaux régionaux, ou pour des sites un tantinet plus spécialisés. Une constante donc, ce qui fait qu’au crépuscule de la finale contre Villeurbanne, l’issue était aussi claire que sa communication : Paul Lacombe va aller voir par delà les frontières de la Jeep Élite, pour s’éclater dans un championnat plus huppé, pour se tester contre de meilleurs joueurs, avec un meilleur contrat, et surtout une visibilité encore plus grande. C’est la loi du sport, et plus particulièrement du bizness basket. Et puis qu’avons nous à lui reprocher, quand on sait que la carrière d’un sportif professionnel est courte, que le basket est nettement moins rémunérateur que le foot, et qu’il n’y a pas pléthore de débouchés ensuite. Pour lui, c’est maintenant que ça se passe. Son ambition était donc bien légitime, et son rêve, pas si fou.

Les prémisses d’une volte

Oui mais voilà, lors de l’ultime interview à la fin de l’ultime match de la saison, il va quand même ouvrir la porte :

Pourquoi pas, selon les opportunités, pourquoi pas rester à Monaco avec ce coach, encore apprendre, encore grandir…

img_2157Après un trimestre à clamer son « envie d’étranger », le voilà prêt à, selon les opportunités, envisager de rester sur le petit bout de paradis au pied du Rocher Monégasque. Le terme idoine demeure quand même « selon les opportunités ». Mais quelles sont-elles ? S’agit-il des opportunités offertes par l’AS Monaco avec un nouveau contrat béton (renouvèlement de 4 ans fort rémunérateurs selon ce qui est annoncé dans la presse) ? Ou les opportunités à l’étranger, ou plutôt l’absence d’opportunités intéressante tant sportivement qu’humainement ? C’est un peu flou, mais il est probable que l’idée se trouve au milieu de ce paquet de questions. Surtout que des rumeurs entourant son futur vestiaire, personne n’en a… Seul un journaliste de l’Équipe s’est aventuré à poser un prétendu départ à Kaunas (gros club lituanien), sauf que dans le même article, il annonçait Ouattara en Espagne, alors que le soir même Ouattara re-signait à Monaco. Du coup la rumeur d’Équipe parait aussi fiable que la mécanique de shoot de Buckner aux lancers francs. Et même si le basket est un sport nettement plus confidentiel que le foot, il n’en reste pas moins que des rumeurs en provenance de l’étranger, on n’en a pas. D’où cette porte laissée ouverte en vue d’un retour à Monaco.

Tout est dans le pari

Le mois de juillet va être un long mois d’attente. Déjà parce que c’est une trêve pré-coupe du monde, et donc que l’actu basket est un peu au ralenti, mis à part les annonces de recrutement ça et là. Et puis parce que Paul avait d’autres chats à fouetter, et une actu perso chargée, dont ce n’est pas le sujet dans cet article. Il va tout de même maintenir le cap, restant à l’écoute de « l’étranger », si bien qu’en ouverture de sa saison, maitre Sasa Obradovic va souffler un grand courant d’air froid dans le dos du groupuscule de supporteurs monégasque croyant dur comme fer au retour de Paul Lacombe, avec un interview sans équivoque :

Nous voulions vraiment garder Paul, mais c’est sa décision de partir, de vivre une nouvelle expérience et nous devons respecter cela. Il faut être réaliste, il y a très peu de chance de le revoir Paul sous le maillot de Monaco la saison prochaine.

Sauf qu’en attendant, aucune annonce de signature « ailleurs » n’est faite, alors que la valse des recrutements est bien amorcée. Du coup, la posture de Paul prend la forme d’un pari, lié à l’équipe de France de basket : celui de s’imposer lors du stage, celui de faire des bons matchs de prépa, celui de partir avec les douze, et pourquoi pas de ramener une breloque made in China. L’objectif est clair : attirer les regards, pour ferrer les recruteurs, et attraper un contrat sympa en dehors des frontières de l’hexagone.

Un été au plus-que-parfait

Paul Lacombe FFBB
Crédit photo @FFBB

Et son pari, loin d’être gagné au départ, va se transformer en été au plus-que-parfait. Intégré à la pré-liste de Vincent Collet, il va cocher toutes les cases qu’il avait prévues. Parti avec les 15 pré-sélectionnés, il va se montrer à son avantage contre les Turques, et surtout contre les Tunisiens, si bien qu’il fera partie des 14 qui prendront l’avion pour la Chine. Un gros match contre les Tall Black plus tard, et le voilà dans les 12 sélectionnés pour la Coupe du Monde. Évidemment, quand on est le back-up d’Evan Fournier et de Nando de Colo (soit les deux meilleurs français de la compétition), on peut difficilement prétendre à jouer pendant des heures. Il va donc se contenter d’un bout de match contre les Jordaniens, d’un joli quart temps contre les Dominicains, et d’une minute de consolation contre les Argentins. Il se donnera cependant à 100 % dans son rôle de coéquipier de luxe, à l’enthousiasme débordant et à la banane toujours placardée en grand. Son attitude sera d’ailleurs louée par Vincent Collet, pas mécontent d’avoir sous la main un tel couteau suisse au comportement exemplaire. C’est ainsi qu’il peut désormais, et à jamais, considérer sa place dans l’histoire de l’équipe de France, comme un membre à part entière de la bande qui a battu Team USA en quart de finale, qui a qualifié la France pour les JO de 2020, et la médaille de bronze qui va orner son salon, au-dessus de la télé, il ne l’a pas volé.

Dur retour à la réalité

image-3
Crédit photo @FIBA

« Et maintenant, que vais-je faire ? » Voilà la chanson qui a tourné dans le Deezer de Paul au moment de prendre l’avion pour rentrer chez lui. Après 3 semaines sur un petit nuage made in China, après un mois et demi loin de chez lui, le voilà de retour. Mais les propositions qu’il a reçues n’ont pas été à la hauteur de ses espérances, et il se retrouve donc sans club, prêt à pointer à la maison Chômedu. Situation pas des plus confortable quand on sait que ses potes de l’équipe de France repartent tous dans des clubs huppés, et que ses potes de Monaco terminent leur préparation. Il a pourtant coché toutes les cases, il a joué à la Coupe du Monde, il s’est montré… Mais cela n’a pas suffi. Il a tenté le pari qu’il devait tenter au moment où il devait le faire. Mais il est victime d’un système qui fait qu’au moment de la compétition chinoise, la plupart des clubs intéressants ont déjà bouclé leur effectif. Car ce n’est pas comme la coupe du monde de foot qui se déroule en juin, et où il reste un mois derrière pour choper les joueurs les plus en vue. En septembre, tout est déjà bouclé… Et puis son jeu n’est pas du genre à attirer les radars. Son coté couteau suisse capable de faire bien tout un paquet de choses, n’est pas forcément des plus sexy, et lui donne un rôle type Nicolas Batum, facilitateur indispensable, mais pas le joueur le plus aimé du public.

Quelles sont les solutions ?

Trouver un club, voilà son unique priorité. Mais là encore, pas n’importe lequel. Sûr que Boulazac ou même Strasbourg seraient contents d’avoir un tel joueur dans son effectif, mais pour quelqu’un qui cherche à grandir, ça serait un petit coup d’arrêt. Car en France, pour progresser à l’heure actuelle, il n’y a que Villeurbanne comme meilleur cadre que Monaco. Si l’intérêt a existé fut un temps, pas sûr qu’il soit encore vivace. Du coup, cela se réduit à Monaco, ou l’étranger. À moins de « ronger son frein » un an, faire de « l’alimentaire » dans un club du haut du panier de Jeep Élite (Strasbourg, Limoges, etc.) afin de prendre un an pour préparer le terrain, et partir l’été prochain. C’est une stratégie encore en forme de pari, mais le message envoyé n’est pas celui que veut faire passer Paul. Ce qui est sûr, c’est qu’il trouvera un club, les effectifs ne se bouclant en France, voire en Europe, qu’au mois de mars.
Au grès des aléas, des blessures, des erreurs de casting, des coups de poker, ou même des effectifs pas encore totalement finalisé à l’heure où nous bouclons ces lignes, il est certain que Paul signera un contrat dans les prochaines semaines. Mais trouvera-t-il chaussure à son pied, c’est par contre une autre histoire, et c’est tout l’enjeu des tractations qui doivent surement avoir lieu en ce moment même. L’idéal serait (pour nous) qu’il signe à Monaco, mais l’important c’est qu’il ait un club, et qu’il ne stoppe pas sa courbe de progression.

10 bonnes raisons de le voir quand même revenir à l’AS Monaco

  1. Parce que Paul Lacombe, c’est comme un totem à Koh Lanta : quand tu l’as dans ton équipe, tu es sûr d’être sur le podium.
  2. Parce que Paul Lacombe, c’est une sorte de chasseur de Pokemon avec les ballons : tu sais qu’à chaque match, il va se défoncer pour tous les attraper !
  3. Parce que Paul Lacombe voulait aller à l’étranger. Coup de bol pour lui, Monaco, ce n’est pas la France, donc il est déjà un petit peu à l’étranger quand même.
  4. Parce que si il revient à Monaco, nos sources contradictoires annoncent la création d’un food truck spécial chimichanga sur le port de Fontvieille, sous l’enseigne « Et paf tacos ».
  5. Parce que la Gâchette a déjà fait sa carte spéciale pour le deck monégasque 2019-2020… Le graphiste nous coute déjà suffisamment cher, faudrait pas que ça soit non plus pour rien…
  6. Parce qu’au vu de l’effectif, des manques soulignés lors du premier match au Mans, et des très hautes ambitions affichées l’AS Monaco ne pourra pas se passer bien longtemps de Paul Lacombe.
  7. Parce que le dresseur phare de la série Pokemon a mis 20 ans avant de gagner le titre suprême. On est sûr que Paul Lacombe mettra bien moins de temps pour ce faire. Et pourquoi pas cette année ?
  8. Parce que Paul Lacombe, c’est des paillettes sur et en dehors du terrain, un swag de folie reléguant le designer Desigual au niveau du concepteur de Petit Bateau, et surtout une gentillesse à toute épreuve.
  9. Parce que Paul Lacombe voulait de la visibilité en allant à l’étranger, il en aura en restant à Monaco, en gagnant le titre et l’Eurocup, et surtout en participant au Roc Cast, le podcast que tout le monde va bientôt s’arracher.
  10. Parce que s’il revient à Monaco, notre stagiaire s’est engagé à venir à Gaston Médecin en chemise à fleurs… Et ça, ce n’est pas des cracks…

14Lacombe10Lacombe05Lacombe04Lacombe

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s